Voir les gens tels qu'ils sont, et non tels que vous voudriez qu'ils soient
Pendant une grande partie de ma vie, j'ai cru que voir le meilleur chez les gens était ma force. Et si cette façon de voir a apporté de la lumière dans bien des situations, elle m'a aussi amenée à ignorer des réalités qui se trouvaient juste devant moi. Je l'ai appris à mes dépens, dans une relation où je continuais de voir la « lumière » d'une personne qui me traitait mal. Je fermais les yeux sur ses comportements blessants en me disant : « Au fond, c'est une bonne personne », jusqu'à ce que la douleur devienne impossible à ignorer.
Cette expérience m'a appris quelque chose d'essentiel : pour guérir et grandir, nous devons apprendre à voir les situations, et les gens, tels qu'ils sont vraiment, et non tels que nous voudrions qu'ils soient.
Pourquoi l'objectivité compte
Quand nous regardons les autres à travers ce que nous espérons voir, nous passons à côté de la chance de les comprendre, et de nous comprendre nous-mêmes. Il ne s'agit pas de juger quelqu'un ni de le classer comme « bon » ou « mauvais ». Il s'agit d'observer ses gestes et ce qu'ils nous font ressentir, sans tout filtrer à travers nos attentes ou nos désirs.
Par exemple, si quelqu'un crie après vous, au lieu de vous dire : « Ah, il est juste stressé », vous pouvez remarquer la réalité objective : « Cette personne crie, et ça me fait peur. » Et si vous ressentez de la peur ou un malaise auprès de quelqu'un, vous n'avez pas à l'ignorer. Vous pouvez vous demander : « Pourquoi est-ce que je me sens comme ça? Est-ce que ça vient du moment présent, ou de quelque chose de non résolu dans mon passé? »
Cette observation ne concerne pas seulement l'autre personne. Elle est aussi le miroir de quelque chose de plus profond en vous, et chaque réaction devient une invitation à guérir.
Le rôle de l'enfant intérieur
Beaucoup de ces émotions nous ramènent à notre enfant intérieur. Disons que quelqu'un crie après vous et que vous vous sentez impuissant ou effrayé. Cette réaction vient peut-être d'une époque de votre enfance où la colère d'un adulte qui prenait soin de vous vous faisait sentir petit, pris au piège, sans possibilité de partir. À ce moment-là, vous avez peut-être appris à ravaler vos émotions et à rester, parce que partir n'était pas une option.
Une fois adulte, ce même enfant intérieur peut encore avoir peur de s'affirmer, croire qu'il doit « aimer inconditionnellement » pour éviter les conflits, ou trouver plus facile, et plus sécuritaire, de tolérer d'être mal traité que de partir. Quand vous en prenez conscience, la guérison peut commencer. Vous pouvez rassurer cet enfant intérieur : « Tu es en sécurité maintenant. Tu as de la force, et tu as le pouvoir de choisir ce qui est bon pour toi. »
Guérir et faire des choix conscients
Une fois que vous avez reconnu la réalité objective d'une situation et exploré les émotions qu'elle éveille en vous, vous êtes en mesure de prendre des décisions conscientes. Peut-être voulez-vous prendre une distance avec une personne dont le comportement vous blesse. Peut-être qu'une conversation honnête sur ce que vous ressentez est nécessaire. Ou peut-être est-il temps de partir pour de bon. La différence, c'est que maintenant, vous ne réagissez plus à partir d'une blessure inconsciente : vous choisissez à partir d'une partie de vous plus ancrée, plus guérie et plus forte.
Pourquoi c'est important
Voir les gens tels qu'ils sont, et vous permettre de ressentir ce qui est vrai, ouvre la porte à une guérison profonde. Il ne s'agit pas de « réparer » l'autre, ni vous-même. Il s'agit d'accueillir ce qui est, de comprendre les leçons que cela apporte et de grandir à partir de là.
Quand nous cessons de nous forcer à voir ce que nous croyons devoir voir, nous nous donnons la liberté de vivre de façon plus authentique. Et c'est dans cette authenticité que se trouve le pouvoir de guérir, de nous transformer et de choisir un chemin vraiment aligné avec qui nous sommes.
Katiana